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intervention de Michèle Alliot-Marie

Assez peu répercutée dans les medias, voire carrément tronquée, une intervention du 16 janvier 2008 de Michèle Alliot-Marie, ministre de l'intérieur, a retenu notre attention. Elle survient après diverses annonces et propos de Nicolas Sarkozy qui semblent avoir semé le trouble dans la classe politique, sans doute pour avoir mis le doigt sur des questions ontologiques et de société que beaucoup aimeraient voir reléguées au placard. Voici deux extraits de cette intervention.

Mme Michèle Alliot-Marie, ministre de l’intérieur, de l’outre-mer et des collectivités territoriales – Oui, la laïcité est une grande et belle valeur de notre République. Nous pouvons nous retrouver sur ce point, mais nous divergeons sur le sens que nous lui donnons. Pour notre part, nous souhaitons reconnaître le rôle de toutes les spiritualités dans notre pays (Brouhaha persistant sur les bancs du groupe SRC).

(...)

"Nous souhaitons reconnaître le rôle de la spiritualité sous toutes ses formes dans notre pays. Les Français y sont attachés. Un ancien Président de la République ne disait-il d’ailleurs pas qu’il croyait aux « forces de l’esprit » ? (Exclamations sur les bancs du groupe SRC)

C’est pour cette raison que nous souhaitons aider toutes les spiritualités, qu’elles soient religieuses ou non (Même mouvement), notamment celles qui sont fondées sur l’athéisme ou le rationalisme. Comme l’a indiqué le Président de la République à Riyad, nous croyons à la richesse et à la diversité de toutes les religions et des cultures.

Vous vous demandiez, voilà quelques jours, ce que pouvait bien être la laïcité négative. Je peux vous répondre : c’est une attitude sectaire et fermée à l’égard des courants de pensée qui donnent leur sens et leur grandeur à notre pays. Et c’est votre attitude aujourd’hui (Applaudissements sur les bancs du groupe UMP ; vives protestations sur les bancs du groupe SRC et du groupe GDR)."

Le compte-rendu intégral de la séance est disponible sur le site de l'Assemblée nationale.

Le débat sur la laïcité est des plus compliqué dans ce pays, notamment parce que la loi de 1905 a laissé en suspens beaucoup de points qu'aucune disposition légale ne pourra de toute façon résoudre et que le rôle social de la religion, les mentalité et la situation du monde sont bien différentes.

Dans la mêlée générale, cette annonce reconnaît implicitement (si nous avons bien compris), la possibilité pour des spiritualités "sous toutes leurs formes" de jouer un rôle dans la société française. Il s'agit donc entre autres de spiritualités qui peuvent ne pas se revendiquer d'une confession religieuse et qui même souhaitent dépasser l'esprit religieux tel qu'il s'est manifesté dans l'histoire. C'est le cas du mouvement des pèlerins d'Arès et de quelques autres autres.

Vu de façon objective même par des observateurs qui ne lui sont pas très favorables, le mouvement des pèlerins d'Arès est de toute façon laïque. On peut dire qu'il promeut une spiritualité avec Dieu, pour se positionner par rapport à une autre intervention de Jean Glavany durant la même séance, quand il posait la question du droit à "une spiritualité sans Dieu, à l’image de Spinoza, de Camus, de Sartre et de tant d’autres". Mentionnons au passage que les pèlerins d'Arès comprennent tout à fait dans l'état de scandale (entendu au sens de la Révélation d'Arès), que beaucoup d'hommes aspirent au Bien sans pour autant trouver la "foi" au sens où on peut l'entendre traditionnellement.

Le "problème" est que les pèlerins d'Arès considèrent leur action comme civilisatrice car si la foi est une affaire personnelle, elle est le moteur d'une action qui elle, ne l'est pas. Autrement dit, aucun homme ne se sauve seul, l'être humain se développant en rapport avec l'autre, qu'il doit considérer comme "un autre soi-même".

Les pèlerins d'Arès sont donc a priori perçus comme des troubles-fêtes d'une chasse gardée du monde politique et de tout un tas d'intérêts dominants, exactement comme ils le sont dans la chasse gardée de la religion quand ils prétendent au nom de Dieu remettre complètement en question tout un tas d'idées et de croyances.

Ils ne peuvent donc vivre dans leur coin. Le bouleversement auquel ils appellent va bien plus loin. Il y a donc fort à parier que cette nouvelle perspective sur la laïcité amènera tôt ou tard bien d'autres questionnements et réactions. Affaire à suivre.

date de publication : Thu Jan 24 11:29:30 CET 2008

Belgique : statu quo pour un mieux ?

Guy Verhofstadt est un néerlandophone à la tête du gouvernement belge depuis 1999. Malgré la défaite de son parti aux législatives du 10 juin dernier, il continue de gérer les "affaires courantes" en attendant la formation d'une nouvelle coalition. Mais les pourparlers menés par le leader chrétien-démocrate flamand Yves Leterme, sorti vainqueur des élections côté flamand, ont échoué samedi en raison du désaccord entre partis flamands et francophones sur une possible réforme des institutions belges, réclamée par la Flandre qui veut plus d'autonomie. Il y a donc de fortes chances que le statu quo perdure et que les partis politiques minoritaires soient soutenus plus avant par d'autres formations pour assurer une certaine continuité jusqu'en juin 2009. À l'ordre du jour, le budget 2008 et le cadre de négociation de la réforme de l'Etat. Les questions communautaires (les flamands représentent 60% de la population contre 40% pour les francophones) semblent rester en suspens. Par-delà les perspectives historiques du pays et les ressorts du débat actuel, cette situation en Belgique nous amène deux points de réflexion assez liés. D'une part, cette absence de décision politique n'empêche nullement les Belges de continuer à vivre plus ou moins normalement, en tout cas d'après ce que nous avons pu percevoir. Nous y voyons l'exemple de ce que les réalités et nécessités de l'existence ont bien plus de poids sur les êtres que la politique. Car aujourd'hui plus que jamais, elle semble ne plus parler qu'à elle-même et surtout faire le jeu d'un matérialisme épais et sourdement désespéré. Il y a peut-être même à parier que les Belges pourront faire des expériences intéressantes durant cet interlude où l'on sent comme une espèce de vent de “déstructuration”, un thème récurrent de la Révélation d'Arès. D'autre part, la Belgique, comme d'autres pays, montre l'urgence de ce que le frère Michel a appelé la “déculturation”, pendant en quelque sorte de la “déstructuration” mentionnée plus haut. Comment en effet, ne pas sentir le piège que représente la tentation de se sentir “différent” par le simple fait que l'on parle une autre langue que par faiblesse l'on a vite fait de considérer forcément supérieure à celle d'autrui. C'est un peu comme le fait d'avoir une autre religion dans certains pays aujourd'hui encore. Malheureusement, des ambitieux ont vite fait de vouloir s'engouffrer dans cette brèche pour s'emparer qui du troupeau flamand, qui du troupeau francophone. Heureusement, beaucoup de Belges ont senti que ces simples nuances entre les habitants ne pouvaient être la raison d'une division du pays dont personne ne sortirait gagnant. Là encore, nous pensons que les habitants du pays pourront vivre des prises de conscience très intéressantes.

date de publication : 7 décembre 2007

un monde disparu

Un monde disparu, c'est l'exposition actuelle au Musée d'Art et d'Histoire du Judaïsme à Paris. Quelques-une des deux mille photographies préservées de Roman Vichniack. Médecin de son état, il quitta pour quelques années (entre 1936 et 1939) Moscou où il residait pour fixer à jamais la vie d'un peuple qui disparut presque complètement du coeur de l'Europe durant la guerre. Onze mille clichés furent pris, dans des conditions parfois rocambolesques ou carrément dramatiques (l'Europe de l'entre-guerres est celle de nombreuses dictatures). Roman Vishniak avait compris qu'Hitler mettrait ses menaces à exécution, parce que l'Allemagne d'alors avait les moyens de sa conquête sanguinaire qui passait par l'extermination des Juifs d'Europe. Il entreprit de traverser la zone, se heurtant au passage à des milices anti-sémites souvent virulentes, qui opérait au milieu de l'indifférence presque générale de la population et parfois, des encouragements à demi-mots de l'église catholique omni-présente. Le gros de la population juive d'alors s'étend de Varsovie et Lublin au Nord à la Transylvanie au Sud, en passant par la Ruthénie aujourd'hui disparue, et de Bratislava à l'Ouest jusqu'à Lemberg (Lvov) à l'Est. La Pologne aux frontières d'alors fait figure de centre principale puis qu'elle rassemble quelques trois millions de Juifs. Les photographies furent souvent prises sur le vif à la manière d'un reportage puisque Roman Vishniak put accompagner la plupart d'entre elles de quelques lignes. Elles relatent les conditions de vie très souvent difficiles d'alors, parfois proches de la misère noire où la famine et le dénuement le disputent aux vexations parfois quotidiennes. Les Juifs sont alors les bougnoules de ces pays, à ceci près que le contexte d'ensemble est bien plus critique que de nos jours. Étrangers plusieurs siècles encore après leur établissement dans ces régions, ils restent méconnus par le reste de la population locale. L'antisémitisme rampant alimente une défiance qui fait d'eux les boucs émissaires lors des périodes troublées (ce que fut pratiquement toute l'entre-deux guerres dans cette région du monde). Au sortir de la guerre, les estimations les plus généreuses feront le compte de 300.000 rescapés polonais de la Shoah, le reste de ce peuple se retrouvant en Palestine ou alors bouclé dans le rideau de fer qui ne se rouvrira que quarante-cinq ans plus tard. On imagine aujourd'hui à peine le retour d'une folie barbare comme le nazisme. Pourtant la barbarie se porte bien dès que s'écroulent les remparts dérisoires que la démocratie s'efforce d'ériger face au mal. Dans l'état actuel des âmes, la résistance au probable retour du roi fort (un pouvoir dictatorial) ne serait que difficile dans un premier temps et il y a fort à parier que les minorités feraient rapidement les frais de la situation. Pourtant, nous reprenons autrement les mots de Mehachem Beguin : "Plus jamais ça!" et ajoutons : "La vérité, c'est que le monde doit changer."

date de publication : 26 janvier 2007

retraites : il faudra travailler plus longtemps

Selon nos informations, le Conseil d'Orientation des Retraites vient de rendre public un rapport précisant entre autres choses que les Français devront cotiser quelques annuités de plus pour leurs retraites. Cette annonce fait suite à une hausse récente de ces mêmes annuités pour les mêmes raisons. Tout cela confirme que le système ne peut définitivement plus satisfaire des espérances irréalistes et somme toute, conforter les hommes dans des choix de société qui ne semblent pas les rendre heureux. Que penser dans ce contextee des contorsionnements des pouvoirs politiques qui se succèdent pour annoncer la couleur au pays ? Pourquoi ne pas dire clairement les choses ? Est-ce par peur de mauvaises réactions de la part du peuple ? Mais n'est-ce pas là le fruit d'un abêtissement millénaire dont il faudra bien sortir un jour ? Tout ce discours se prend à son propre piège à coups de contre-déclarations qui ne sont que tromperies rajoutées à d'autres. Décidément, les grands prêtres du système sont bien conformes à cet incessant double langage. La Révélation d'Arès le rappelle ainsi, à propos de la manière dont la Parole du Créateur a longtemps été présentée, mais le principe peut s'appliquer à bien des situations (veillée 3) : "L'un d'eux la proclame-t-il ? Un autre aussitôt enseigne au peuple ce qu'il doit comprendre, non pas ce qu'il a entendu." Le prophète Jésus disait déjà par ailleurs : "Que votre oui soit un oui, votre non, un non. Tout le reste vient du malin."

date de publication : 14 janvier 2007

rencontre entre Ehud Olmert et Hosni Mubarak

Une nouvelle fois, un président égyptien rencontre un premier ministre israélien. Dans cette région en tension guerrière permanente, la paix entre l'état hébreu et l'Égypte est la seule qui tienne depuis aussi longtemps (bientôt trente ans). Seule la Jordanie a également baissé les armes il y a quelques années, consciente qu'il y avait plus à tirer de la paix que de l'affrontement sanglant. Qu'ont bien pu se dire Ehud Olmert et Hosni Mubarak ? Il a été question entre autres choses de l'échange du caporal israélien Gilad Chalit contre des prisionniers palestiniens. Pour le reste, nous ignorons la teneur des propos, même si dans les séances photos et les entretiens filmés, vraisemblablement rien de capital ne s'échange. C'est en quelque sorte pour l'apparat. Et puis sur le fond, que peut encore la politique dans une situation pareille ? En réalité très peu. Et en tout cas, rien sur la durée. Pendant ce temps, la Palestine continue de se déchirer en luttes intestines, envoyant au passage quelques roquettes de l'autre côté de la "frontière", tirs auxquels répondent des raids aériens et des missiles israéliens. À l'intérieur, le Hamas d'un côté et le Fatah de l'autre; chacun clame la légitimité pour lui. Le premier maintient ses positions radicales (c'est le moins que l'on puisse dire) envers Israël, à savoir la disparition de l'État hébreu. Pour le reste, nous ne savons pas grand-chose des revendications de cette organisation ni même de sa réalité sociale. Nous pensons simplement qu'il est difficile de bien comprendre ce qui se passe là-bas uniquement à partir de notre filtre mental occidental. En se retirant de la Bande de Gaza il y a quelques mois, Israël savait vraisemblablement que la situation y devenait incontrôlable. De là à ce que les Palestiniens ne commencent à régler leurs comptes seuls, il n'y avait qu'un pas. La lutte pour le pouvoir l'emportait sur la coalition contre la puissance occupante. Était-ce de la part de Tsahal un calcul politique ? Ou la seule issue possible avant qu'une confusion générale n'achève la zone ? Il semble que malheureusement, en raison de l'historique régional, il n'y ait le choix pendant longtemps qu'entre un mal et un moindre mal.

date de publication : 4 janvier 2007

nouvel attentat en Espagne

Un nouvel attentat en Espagne, revendiqué par ou attribué à l'ETA (nous n'avons pas bien compris) vient encore de montrer que des phénomènes que nous croyons bien lointains (en Iraq par exemple) ou à jamais derrière nous (ne serait-ce que de quelques mois), sont bien présents. L'Espagne, c'est à côté. Nous en profitons pour rappeler avec fermeté notre refus sans appel du terrorisme, quels qu'en soient les motifs. En revanche, nous aimerions comprendre ce qui amène des hommes à déployer pareille énergie et à prendre pareils risques pour un type de lutte qui historiquement s'est toujours soldé par un échec. Certes, ils voient la misère de ce monde (eux ne se voilent pas la face ? excusez la contradiction). Mais ils se trompent de moyens, vraisemblablement parce qu'aucune autre voie que l'action violente ne leur a jamais été présentée ou alors cette voie est depuis longtemps oubliée. Que penser également de certains terroristes qui luttent pour des causes d'origine nationaliste (ou régionaliste, ou indépendantiste, etc.) et qui nous semblent plus sacrifier à de modernes idoles de l'esprit qu'à la nécessaire amélioration de leur condition ? Notons que bizarrement, ces minorités sont souvent aussi bien loties que les majorités dont elles veulent s'émanciper. De ce que nous savons, rien dans les perspectives proposées par ces collectifs (parfois quelques personnes) ne semble ouvrir sur une condition humaine radicalement différente, et le cycle de la vengeance infernale se remet en route. Les libérateurs d'un jour deviennent les tyrans du lendemain, c'est la même logique de système et de domination qui prévaut. Enfin, nous aimerions comprendre aussi pourquoi les sociétés victimes du terrorisme sont aussi sourdes à se remettre en question, en se demandant pourquoi elles-mêmes ou d'autres enfantent de tels phénomènes. Il semble que pour l'instant la voie des représailles puisse encore s'imposer facilement, même si chez beaucoup, on commence à sérieusement s'interroger.

date de publication : 4 janvier 2007

sans-abri : état d'urgence (?)

Des tentes installées dans la capitale et quelques métropoles françaises pour héberger des sans-abri (et quelques autres personnes qui veulent partager leur sort), un immeuble en plein quartier de la Bourse à Paris occupé : l'actualité des sans-abri refait surface comme chaque hiver, et surtout, six mois avant les élections présidentielles. Pour remédier à cette situation récurrente, une loi serait en cours d'élaboration. Comme s'il n'y en avait pas déjà, et comme si un problème aussi complexe et somme toute fondamentalement spirituel pouvait être résolu par une loi ? Ou par les surenchères d'hommes politiques promettant le règlement de la question à court terme ? Qu'est-ce qui amène des femmes et des hommes seuls, parfois des familles, à se retrouver sans toit ? De ça, il n'est pratiquement pas question. Rien sur le prix de l'immobilier dans notre pays (totalement disproportionné). Rien sur la difficulté à trouver du travail en toute simplicité ne serait-ce que pour faire face temporairement. Rien sur la cassure de personnes qui démissionnent dans l'existence et entament une dégringolade qui finit parfois dans la rue. Rien sur les innombrables blocages qui empêchent beaucoup d'aller se refaire une vie ailleurs, autrement. Rien sur tout ce qui est créé par l'égoïsme, la dureté du cœur, la rapacité. Il y aurait beaucoup à dire mais encore une fois, le débat de fond est escamoté, et la prise de conscience ajournée. On préfère les solutions à court terme qui même si elles en aident certains sur le moment, ne font que reporter le problème à l'hiver prochain. La météo ne sera de toute façon meilleure qu'avec le dégel des cœurs et la réactivation de l'intelligence. La question des abris va bien plus loin que quatre murs et un nombre de mètres carrés minimum.

date de publication : 4 janvier 2007

2007 : mdr

Un peu de happening rendu public pour la nuit du 31 décembre. Le lien est ici. De temps en temps, ça fait du bien de voir tournée en dérision ce qui apparaît maintenant comme une convention pesante et disons-le : marchande. Quelques-uns manifestent tout haut ce que beaucoup ressentent tout bas. On en rigole un bon coup, on se retrouve le temps d'une contre-fête. La fête elle-même est sauve. La chaleur et la bonne humeur sont au rendez-vous. Ça change de la grisaille et du train-train, un peu de vie passe. On est preneurs.

date de publication : 3 janvier 2007

automédication : encore un pan de la protection sociale qui s'en va

En 1994, comme nous en parlons dans cette rubrique (la protection sociale), quelques "pèlerins d'Arès" prirent position sur la question de la protection sociale en France (et ailleurs). Leur message était en substance le suivant : ce système est certes parti d'intentions généreuses, et il a marqué l'histoire d'un progrès indéniable. Mais aujourd'hui il aboutit à une double faillite. Économique, d'abord. Humaine ensuite et surtout. Certes, la reconnaissance de l'automédication peut a priori être perçue par certains comme une forme de libéralisation des soins courants. Plus besoin de consulter pour une thérapie que l'on peut élaborer soi-même. Moins de frais de toubib et autres dépenses inutiles. D'autres verront là une nouvelle injustice sociale qui laisse sur le carreau les plus démunis ou la porte ouverte à des dérives de tous genres. Pour notre part, nous y voyons simplement un signe supplémentaire de la faillite dont nous parlions plus haut. Mais en même temps, la possibilité pour l'homme de réenvisager les soins et les secours aux souffrants, ainsi que le rapport entre notre condition et la maladie. Il faudra pour cela reconsidérer la médecine qui, comme beaucoup de sciences aujourd'hui, s'est quelque peu érigée en bastion dominateur. Cela pourrait également être le prélude à se rappeler la possibilité de guérir l'humanité de bien d'autres maux.

date de publication : 30 décembre 2006

condamnation à mort de Saddam Hussein

Saddam Hussein a été hier 6 novembre 2006 condamné à mort à l'issue d'un procès qui a duré plusieurs mois. Beaucoup auront remarqué un chef d'accusation (exécution de 148 personnes en 1982) qui contraste avec les autres crimes de son régime et surtout, le nombre de morts depuis l'invasion de l'Irak (jusqu'à 600.000 pour l'instant, d'après les estimations d'ONG). À l'écoute de son verdict, l'ancien président irakien a invoqué la grandeur de Dieu et de sa nation, et la mort de ses ennemis. Cette condamnation à mort va-t-elle régler quoi que ce soit ? Rien qu'à évoquer cette sentence, nous en tremblons de toute façon. Car cette "justice" n'est que de la barbarie déguisée - une vengeance en somme- et surtout, ne mène qu'à d'autres vengeances sans avoir un quelconque effet bénéfique dans les prises de conscience. Dans l'imbroglio qui risque de suivre, Saddam Hussein pourrait de toute façon ne jamais subir sa peine, surtout si le chaos s'amplifie en Irak, et ailleurs. Tout ça ne fait vraiment que jeter de l'huile sur le feu et augmenter la souffrance. Ce qui a par ailleurs été frappant dans ce procès est l'image du condamné lui-même. D'abord sorti hirsute d'une cache où il avait l'air abandonné de tous, il n'a semblé montrer ni grandeur ni intelligence dans des conditions qui il est vrai ne s'y prêtaient pas vraiment. On pense au procès de Nuremberg quand l'Allemagne et d'autres pays ont pu se dire : "Alors, ce sont eux les hommes qui nous promettaient la grandeur et qui nous ont amené à la ruine ? Nous avons été vraiment stupides !" La simple leçon de comprendre que l'homme doit cesser de confier sa liberté à des pouvoirs aurait suffi comme issue à ce procès. Mais une autre leçon aurait dû être tirée en toute honnêteté intellectuelle : le retrait des forces de la coalition du pays. Les partisans de la guerre en Irak - certes de moins en moins nombreux -, auraient peut-être compris que les va-t'en-guerre leur avaient promis le règlement de beaucoup de maux, quand le monde n'en a récolté que sang et larmes. Il ne semble malheureusement pas que les puissants engagés dans le conflit en soient rendus à cette position qui compromettrait la situation intérieure du pouvoir américain. Décidément, nous avons la politique en horreur et c'est à raison.

date de publication : 7 novembre 2006

selon les déclarations de son numéro deux, Al-Quaïda vise la France

Beaucoup a été dit sur l'avant et l'après 9/11. Nous pensons simplement que ces événements tragiques montrent qu'une fracture bien plus importante qu'on ne l'aurait cru subsiste entre l'occident (disons le bloc judéo-chrétien) et l'orient (le monde musulman). Certes nous simplifiions. D'autres intérêts politiques, énergétiques, économiques sont en jeu. Encore une fois les dominations du "roi noir" sont à l'?uvre. Cependant, elles n'opèrent que sur les faiblesses des hommes et notamment sur leur division (encore le "diviser pour mieux régner"). Que le syndrome des croisades et son symbole actuel soient si marqués dans le discours de beaucoup d'orientaux n'est pas anodin. Deux mondes cohabitent sans bien se comprendre, les ressentiments montent des deux côtés. Faute d'une remise en question partagée (notamment pour se débarrasser du nationalisme rampant) et d'un dialogue franc, rien ne changera magiquement ou par la "répression contre le terrorisme". Nous reviendrons sur ce sujet plus amplement à l'avenir.

date de publication : 14 septembre 2006

Warren Buffet et Bill Gates

Le milliardaire nord-américain Warren Buffet vient d'annoncer un don en actions de sa société estimées à 30 milliards de dollars en faveur d'activités caritatives. Cette décision suit de près celle de Bill Gates, co-fondateur de Microsoft, de se consacrer à la gestion de sa fondation qui recevra entre autres... le don de Warren Buffet. Ce geste consacre la fondation de Melinda et Bill Gates comme la plus importante du monde. Elle opère dans les programmes d'éducation aux Etats-Unis, mais surtout dans la recherche et la lutte contre les grandes pandémies (malaria, la tuberculose, le sida, etc.) Bill Gates plus encore que Warren Buffet sont des personnages économiques de premier plan qui ne peuvent que difficilement se soustraire aux feux de l'actualité. Pas évident dans ces circonstances de garder la discrétion sur leurs initiatives. Il semble que les deux hommes aient fait le tour de leurs activités respectives, celles des première et seconde fortune aux USA. Ont-ils "bâti des temples à leurs ambitions, à l'or, au négoce, à l'usure" comme le cite la Révélation d'Arès ? En d'autres mots, ont-ils été plus loin que la simple prospérité générée par des activités florissantes pour l'un comme pour l'autre ? Se sont-ils pris pour plus que de simples hommes en exerçant sur leurs semblables domination et spoliation? C'est difficile àdire, autant que de déterminer leurs motivations exactes, avant et après leur décision. Souhaitons en tout cas que leurs indéniables talents de gestionnaires soient mis à contribution dans le meilleur sens, ne serait-ce que pour éviter les gabegies que certaines institutions caritatives ont connues. Mais la véritable charité vers laquelle il faut tendre reste celle qui permet à des hommes de s'émanciper de leur misère et pas seulement au plan matériel. Il y a donc bien la place pour qu'œuvrent d'autres Bill Gates et Warren Buffet, dont l'apport ne sera peut-être pas matériel mais spirituel, donc libérateur et synonyme tôt ou tard de bonheur.

date de publication : 4 juillet 2006

Joyeux Noël

Cette histoire était connue comme l'une des anecdotes incontournables de la guerre de 14-18 : des soldats allemands et français ont fraternisé en différents points du front lors d'au moins une veillée de la fête de Noël. Au sens populaire, le "prophète" est souvent perçu comme un personnage de péplum ou un "remake" de Nostradamus. Mais cet exemple de fraternisation durant cette horreur absolue que fut la première guerre mondiale donne une image du prophète et du prophétisme bien plus fidèle. C'est l'Évangile en marche, tout simplement. L'insurgeance de personnes qui comprennent l'absurdité de la situation et qui tentent de renverser la vapeur. Contre eux : les préjugés populaires ("Sales Bosches" d'un côté, "Sales Français" de l'autre) et une machine de guerre avec ses "honneurs", sa hiérarchie, son industrie, ses privilèges et qui vit sur le malheur de la masse. Certes, cette tragédie ne s'est terminée que trop longtemps après. Mais à force de persévérance, il est possible d'écourter bien des malheurs, pour ensuite, les prévenir définitivement.

date de publication : 6 novembre 2005

93 : répétition générale

1.500 voitures carbonisées, des entreprôts et locaux d'entreprises détruits, etc. Le pays n'a plus connu ce type d'événements depuis longtemps. Une analyse précise de la situation et la prise de recul nécessaire seraient hors de propos dans cette brève. Nous avons simplement relevé l'expression "mixité sociale" qui point un peu partout. Le raisonnement serait le suivant : une partie de la population (principalement d'origine maghrébine) est marginalisée (voire ghéttoîsée) dans des cités HLM. D'où ces agissements qui ne sont que l'expression violente d'un malaise profond. Comme un écho un peu moins de vingt ans après, nous pensons au "droit à la différence" qui prévalait à l'époque de la popularité de SOS Racismes et d'autres associations. Certes, la perspective est séduisante de prime abord. Mais elle nous paraît trompeuse. Elle suppose en effet qu'il existe des "différences" entre les hommes totalement indépassables ou alors, que l'une des parties se réserve le droit de se considérer supérieure à l'autre. Or aucune communauté ne peut prétendre à ce statut et surtout, cette attitude est la porte ouverte à des conflits qui finissent toujours par survenir. Enfin, tant qu'une réelle dimension spirituelle n'habite pas peu ou prou les membres des dites communautés, les vieux démons finissent par resurgir. Combler le vide spirituel qui envahit notre monde d'un côté et sortir des impasses d'une civilisation dont les ressorts sont à bout permet de poser les bases d'un débat qui nous permettra d'aller plus loin que de simples aménagements.

date de publication : 1 novembre 2005

le Hamas promet des attentats

Le chef du mouvement islamiste a réaffirmé que son groupe n'a pas l'intention de désarmer et visera Jérusalem. De son côté, Mahmoud Abbas a promis de rétablir l'ordre. Le retrait de la Bande de Gaza que nous commentions brièvement dans ces colonnes n'a donc pas calmé les ardeurs belliqueuses du côté de la faction armée palestinienne. Elle trouve ses militants et un corps d'arguments pour encourager à la violence jusqu'au boutiste dans une population souvent désoeuvrée, ballotée entre l'espoir d'un retour à une vie normale et un pouvoir (l'Autorité palestinienne) apparemment plus préoccupé par la pérennité de son propre clan que par la prospérité de la population. À cela s'ajoute une pression militaire israélienne qui rend difficile toute évolution.

date de publication : 14 septembre 2005

Journées Mondiales de la Jeunesse à Cologne

Tous les deux ans, l'Église catholique rassemble des jeunes du monde entier (700 000 cette année lors de la veillée de prière du samedi). C'était l'occasion d'entendre la position du nouveau pape sur les questions de la foi tels que la hiérarchie catholique les considère aujourd'hui. Même si la Révélation d'Arès amène à une lecture de la Parole du Créateur très différente de celle de nos frères des religions, il ne faut jamais oublier que toute approche de la foi qui considère le changement de l'homme et du monde comme point central est bonne à prendre. À condition qu'elle le fasse dans la liberté, c'est-à-dire sans dogmes, sans hiérarchie, mais dans l'épanouissement de l'individu. Par les remises en question qu'il traverse, le monde catholique représente une promesse d'évolution. Puissent donc ces assemblées (églises) devenir souveraines d'elles-mêmes, non soumises à une tradition, à une hiérarchie et à une erreur de fond qui est celle-même de la religion, qui ne peut se définir qu'en s'affirmant seule détentrice de la vérité, un non-sens source de déchirures dans le monde.

date de publication : 23 août 2005

assassinat du frère Roger

Ce 16 août 2005, le fondateur de la communauté œcuménique de Taizée a été mortellement poignardé par une femme d'origine roumaine présente dans l'assistance tandis que se déroulait la messe. Un acte de désespoir et de folie, comme le sont tous les meurtres et nous pleurons sur la mort de ce frère comme sur la mort de tous les autres. Une victime de plus du péché qui n'est autre que l'état consécutif à la rupture de l'homme d'avec le Créateur et aux choix de vie qui en découlent. Nous en profitons également pour méditer sur l'héritage laissé par ce chrétien protestant qui œuvrait à la réunion avec les catholiques, orthodoxes et autres mouvances de la chrétienté. Si les rencontres entre des croyants qui ignorent parfois tout des positions d'autres confessions sont bienvenues, nous rappelons que d'une certaine manière l'œcuménisme n'amène pas les hommes à un réel dépassement de l'esprit de religion. La porte demeure donc ouverte à d'autres problèmes, en particulier parce que le message de Taizée ne promeut pas réellement une foi orientée vers le changement non seulement de l'individu mais aussi du monde. Espérons simplement que de plus en plus de celles et ceux qui se rendent à Taizée chercheront les voies d'une évolution de fond.

date de publication : 17 août 2005

retrait de la bande de Gaza

Largement médiatisé, le retrait des colons juifs de la Bande de Gaza s'est plutôt déroulé dans la dignité et le calme, malgré quelques situations difficiles (d'après ce que nous avons pu observer dans les divers media consultés). Ce retrait est-il un pas significatif vers la paix dans la région ? Difficile à dire aujourd'hui. Quelles sont les voies de développement pour les Palestiniens ? Arriverons-t-ils à s'émanciper d'une condition difficile ? Trouveront-ils la force ne plus être les pions des manœuvres politiques au Proche-Orient ? Nous continuons de croire que malgré les souffrances, l'amertume et la méfiance des deux côtés, la lucidité peut gagner du terrain.

date de publication : 17 août 2005

l'adjudant et le dépôt de munitions

Sans bien avoir retenu les détails de l'affaire, nous venons d'apprendre qu'un adjudant de l'armée française vient de se rendre ce lundi 6 décembre après avoir menacé de tout faire "péter" si ses revendications n'étaient pas prises en considération. Il semblerait qu'il ait mal pris le manque de considération de sa hiérarchie ainsi que la mise à la retraite. Peu importe. Envoyer le GIGN ? Il aurait tout simplement fallu aller prendre cet homme manifestement désemparé dans les bras, le serrer bien fort pour lui faire sentir qu'il existe de l'humanité par-delà la froideur de la bureaucratie et de l'administration. Peu de temps après son avocat commente les risques de peine encourue : trois ans fermes. Un brave homme à n'en pas douter. Mais plus de personnes qu'on ne le pense auraient là encore préféré le générosité à la "justice".

date de publication : 23 décembre 2004

mort de Yasser Arafat

Affaibli et malade depuis plusieurs années, le leader palestinien vient de quitter ce monde. Il faisait l'objet d'appréciations très divergentes : terroriste repenti pour les uns, juste résistant auréolé d'une baraka méritée pour les autres. Le "vieux" comme certains le surnommaient ne s'en trouvait pas moins au cœur d'une situation aussi complexe que dramatique et ténébreuse, et qui dépassait sa simple personne. Le Proche-Orient d'aujourd'hui reste malheureusement le lieu d'affrontements "au nom de Dieu" ou de la raison d'Etat. Qui ne saurait y voir la persistance de croyances et manipulations d'un autre âge ? Combien de morts encore avant que chacune des parties ne comprenne que "yehoudi" (juif) ou "muslimin" (musulman) ne sont que les fruits des douloureux tâtonnements d'une humanité en quête de sa véritable origine ? Comment faire comprendre que la solution n'est ni étatique, ni de pouvoir, mais tout le contraire ? Pourquoi pas une région débarrassée de ses reliques de superstition comme on se débarasse d'habits usés ?

date de publication : 15 novembre 2004

prise d'otages de Beslan : un opération revendiquée par le leader tchétchène Chamil Bassaiev

Il faut en arriver à un profond état de désespoir pour retenir en otages des innocents - parmi lesquels de nombreux enfants. Malheureusement, de part et d'autre les positions se durcissent et le mensonge en rajoute à la confusion. Qui manipule qui ? Quels sont les véritables enjeux auxquels se plient des hommes au point de ne considérer la vie que comme une vulgaire monnaie d'échange ? Difficile de savoir. En revanche, subsiste la certitude qu'un homme qui a développé au fond de lui les liens qui le rapprochent de son prochain et du monde réfléchit à deux fois avant de s'engager dans la spirale du malheur. Et il a bien plus de chances de trouver la direction pour orienter son évolution vers la lumière dans les mêmes circonstances.

date de publication : 15 décembre 2004

actes de violence contre le fils du rabbin de la synagogue de Boulogne-Billancourt (92)

Contrairement à bien des apparences, notre époque est de chaos et d'inquiétude bien légitime face à l'avenir. Et comme toujours en période de crise, l'antique tentation barbare de rechercher un bouc émissaire ressurgit. Que l'on trouve une personne issue d'une minorité, de surcroît faible et pacifique, et la victime est toute trouvée. Nous apprenons que le vendredi 4 juin 2005, un jeune homme de 17 ans faisant partie d'une école juive de Seine-st-Denis (93) s'est fait agresser à la sortie de l'établissement. Les conditions de l'acte restent obscures, mais l'agresseur serait un autre jeune armé d'un tournevis, exécutant son geste au cri de "Allahou Akbar!". Encore une fois, on se demande bien le rapport entre Dieu et ce type de violence.

date de publication : 30 septembre 2004

le Débarquement : soixante ans déjà!…

À l'échelle de l'histoire, soixante ans c'est hier, ou presque. Il est bon de se remémorer les faits marquants de cette histoire-là. Non par nostalgie d'un passé que l'on aurait pu croire meilleur que notre présent. Plutôt pour comprendre que les fléaux qui frappent l'humanité ne disparaîtront pas d'eux-mêmes, mais par la volonté et le travail des hommes. Or, depuis soixante ans, qu'est-ce qui a vraiment changé en profondeur ? Presque tout reste à faire pour que le "Plus jamais ça!" prenne un sens. L'on se souviendra également de la question finale du jeune soldat dans le film de Steven Spielberg "Il faut sauver le soldat Ryan" : "Ai-je été un homme bon ?". Chacun dans ce pays et dans l'Europe libérée du nazisme pourrait ainsi se demander ce qu'il fait de la liberté conquise par tant de jeunes hommes fauchés en pleine force de leur jeunesse. Peut-être aurions-nous une vision moins frivole et superficielle de l'existence…

date de publication : 6 juin 2004